Argentine : pourquoi tant d’échecs sur la scène internationale malgré une équipe exceptionnelle?

L’Albiceleste dispose a priori de tous les atouts nécessaires pour remporter des trophées, mais elle a beaucoup déçu et a laissé ses supporters sur leur faim. L’Argentine n’a remporté aucune compétition avec Lionel Messi qui est sans nul doute le meilleur joueur de sa génération et peut-être bien le meilleur de tous les temps. Loin de constituer un mystère, ces échecs ont des causes bien rationnelles.

Des qualités individuelles, mais pas collectives

Il faut rappeler que le football est un sport d’équipe. Bien sûr, un one-man-show spectaculaire peut vaincre une équipe supérieure, mais pour connaître un succès constant, le joueur doit faire partie d’une bonne équipe. Une bonne performance dans les phases de groupes peut être complètement annulée par un match à élimination directe face à un audacieux outsider, déjouant les meilleurs pronostics.

Bien que Messi soit entouré de beaucoup plus de talents individuels par rapport à l’équipe de Maradona en 1986, l’équipe de Messi manque de panache. Le fossé qui sépare Messi de ses coéquipiers n’est pourtant pas aussi prononcé que celui qui existait entre Maradona et les siens.

On remarque souvent que les équipes performantes, même si elles ont un joueur capable de faire la différence, produisent un jeu dans lequel tous les onze acteurs sont impliqués. Il a été reproché à l’Argentine de Leo Messi de manquer de jeu collectif. Dans l’équipe du FC Barcelone par exemple, le jeu est organisé de manière à ce que l’équipe retrouve ses automatismes même quand Messi ou un autre joueur phare est absent. Dans le cas de l’Albiceleste, sans Messi, même le match le plus abordable devient un calvaire parce que le talisman du Barça aurait une emprise malsaine sur le football de sa sélection nationale.

Trop grande déification de Messi ?

Pour un proche de Messi, le problème en sélection est que l’on ne ferait pas attention à la star. On ne lui passerait pas le ballon, on le ferait jouer avec des joueurs qui ne méritent pas d’être sur le terrain pendant que ceux avec qui il s’entend bien sont laissés sur le banc. Un témoignage incompréhensible, surtout quand on sait que Messi a fait comprendre au coach qu’il ne pouvait pas se trouver sur le terrain en même temps que le prodige Dybala parce que ce dernier aurait le même style que lui. Un autre fait paradoxal est l’exclusion de l’attaquant prolifique Mauro Icardi de l’effectif pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le sport.

C’est évident qu’il y a quelque chose qui cloche autour de cette sélection. S’il faut imposer au coach avec qui on veut jouer, il est clair que les coéquipiers seront frustrés même s’ils ne le manifestent pas ouvertement. Ce système peut marcher en club, puisqu’ils ne fonctionnent pas comme les sélections nationales et peuvent s’offrir les services de n’importe quel joueur. En équipe nationale, il faut faire avec l’effectif disponible, car il n’y a pas de mercato et les joueurs n’évoluent ensemble qu’à l’occasion des tournois et des matches de préparation.

Il n’y a plus de petites équipes

Le football a en outre beaucoup changé. L’un des aspects les plus remarquables de ce changement est le fait qu’il devient de plus en plus difficile de prédire l’issue d’un match même quand l’adversaire est à priori moins fort. Les joueurs ne sont plus complexés et la meilleure équipe peut se faire battre à tout moment.

À l’époque, Maradona pouvait dribbler tout le monde et marquer, certes Messi aussi peut le faire, mais ce type d’exploits n’est pas facile à reproduire sur la durée et de façon constante. La compétition est en somme plus rude que jamais et cela à tous les niveaux.